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C'est avec un certain humour et beaucoup d'autodérision que j'aborde le rapport des femmes à leur corps. Aujourd’hui encore la femme se confond essentiellement avec son corps. Elle cherche à coïncider avec tous les miroirs qui lui sont offerts (affiches, publicités, cinémas, etc.) et n'échappe pas aux jugements, celui des autres mais surtout à son propre jugement. Quand elle se regarde dans le miroir ce sont bien ses yeux qui forment, qui conforment, qui déforment, qui transforment.

La femme porte une sentence impitoyable sur son corps, sur la beauté de sa jeunesse et sur l'erreur de sa vieillesse.

Ce corps si familier peut lui paraître mystérieux voire étranger et le temps qui le marque, qui le fane devient alors son ennemi. La jeunesse n'est plus qu'une vieille copine. Alors la femme est prête à tout et elle livre son corps à 1001 souffrances pour éloigner le spectre de la mort : brûlé, épilé, décapé, affamé, purifié, gommé, frictionné, maquillé, palpé-roulé, lifté, botoxé, liposuccé, charcuté, restauré, structuré, réduit, raffermi...

 

Et puis un jour, au moment où l'arbre s'enflamme de feuilles roussissantes, nous réunissons tous les morceaux de notre corps éclaté et, entre la taille et les entrailles, nous commençons à déchiffrer les marques du temps, à nous souvenir et à raconter notre histoire.

 Photos Eric Castanet : https://www.facebook.com/eric.castanet.9

 

Affiche créée par Julia Bock : https://www.designersenherbe.fr/